Monday, January 11, 2010

Honoring Maria Helena Vieira da Silva

(Guest blogger Mireille Delmas-Marty explains, in English and in French, why she has named Maria Helena Vieira da Silva an IntLawGrrls transnational foremother)

It is an honor to give recognition to Maria Helena Vieira da Silva (left), painter of complex, abstract compositions. Born June 13, 1908, in Lisbon, Portugal, Vieiera da Silva moved to France in 1928 and became a naturalised citizen in 1956. A Chevalier of the French Legion of Honor and also the 1st woman ever to receive the National Grand Prize in Arts from the French government, she died in Paris on March 6, 1992. (photo credit)
For a long time Vieira da Silva has inspired me in my research on systems of law.
I was struck very early on by the vision that she had of her art. She said:

"I want to paint what does not exist as if it existed."
Her vision dovetailed remarkably with my own approach to the field of law. Intuitively, I have always chosen to study what does not exist or what has hardly emerged: in the 1970s, criminal law in the context of business; in the 1980s, human rights law; in the 1990s, the globalisation of law; and since 2000, the process of transformation of laws, which I called ordering pluralism.
The paintings of Vieira da Silva, moreover, energise me, encourage me to continue to my research despite the difficulties inherent in the growing complexity of systems of law, which are more and more evolutive and interactive.
Vieira da Silva did not fear to paint "with all the contradictions." Her paintings resemble labyrinths in which it seems one might get lost at any moment, and yet one always finds in them an opening, which she sometimes called the "enlightened path," other times "the way of wisdom." I placed it as an emblem on the cover (below right) of my book series Les forces imaginantes du droit (volumes 1 to 3 already have been published, while volume 4 is forthcoming).
In a world that is tragic, almost in chaos, the message that I have drawn from her in my work as a jurist is this: we must continue to study this globalisation, which demands that goods circulate freely yet at the same time builds walls to try to stop human beings from migrating. In uncovering an enlightened path, we make clear how concepts of law that appear contradictory and fragmentary can become transformative processes leading to "reciprocal humanisation."

* * *

C’est un honneur de témoigner ici ma reconnaissance à Maria Helena Vieira da Silva (au-dessus), peintre des compositions abstraites et complexes. Née le 13 juin 1908 à Lisbonne, Portugal, Vieira da Silva s’est installée en France en 1928 et devenue citoyenne par naturalisation en 1956. Chevalier de la Légion d’honneur, et la première femme à recevoir le Grand Prix National des Arts du gouvernement français, elle est morte à Paris le 6 mars 1992.
Vieira da Silva m’inspire depuis longtemps dans mon travail sur les systèmes de droit.
J’ai été très tôt frappée par la vision qu’elle avait de son art :

« Je veux peindre ce qui n’existe pas comme si cela existait ».
Cette vision rejoignait de façon étonnante mon approche du champ juridique, car j’ai souvent pensé que j’avais intuitivement toujours choisi de travailler sur ce qui n’existe pas ou ce qui émerge à peine : le droit pénal des affaires dans les années 70, le droit des droits de l’homme dans les années 80, la mondialisation du droit dans les années 90, et les processus de transformation des droits (pluralisme ordonné) depuis 2000.
De plus ses tableaux me transmettent une énergie positive qui m’incite à continuer mes recherches malgré les difficultés liées à la complexité croissante des systèmes de droit, de plus en plus évolutifs et interactifs.
En effet Vieira ne craint pas de peindre « avec toutes les contradictions ». Ses tableaux ressemblent à des labyrinthes où l’on risque à tout moment de se perdre, mais on y trouve toujours une ouverture qu’elle a parfois nommée « l’issue lumineuse », ou encore « la voie de la sagesse » dont j’ai fait l’emblème de la couverture (à droite) de ma série « Les forces imaginantes du droit » (vol. 1 à 3 parus, vol.4 en cours).
Dans un monde tragique et proche du chaos, son message, tel que je l’interprète comme juriste, est qu’il faut continuer à étudier cette mondialisation qui en même temps qu’elle impose la libre circulation des marchandises construit des murs pour tenter d’arrêter les migrations humaines. Ouvrir une issue lumineuse, c’est repérer comment des concepts juridiques apparemment contradictoires et fragmentés peuvent devenir des processus transformateurs pour une « humanisation réciproque ».

No comments: